Fables de La Fontaine: Le Laboureur et les enfants

 
     
 

 

 
     
 

Travaillez, prenez de la peine :
           C'est
le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
«Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
            Que nous ont laissé nos parents :
            Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait
l'oût :
Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place
            Où la main ne passe et repasse.»
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout : si bien qu'au bout de l'an
            Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
            De leur montrer, avant sa mort,
            Que le travail est un trésor .

 
     
 

The

 
 

The Ploughman and His Sons


The farmer's patient care and toil
Are oftener wanting than the soil
.

A wealthy ploughman drawing near his end,
Called in his sons apart from every friend,
And said, "When of your sire bereft,
The heritage our fathers left
Guard well, nor sell a single field.
A treasure in it is concealed:
The place, precisely, I don't know,
But industry will serve to show.
The harvest past, Time's forelock take,
And search with plough, and spade, and rake;
Turn over every inch of sod,
Nor leave unsearched a single clod."
The father died. The sons and not in vain
Turned over the soil, and over again;
That year their acres bore
More grain than ever before.
Though hidden money found they none,
Yet had their father wisely done,
To show by such a measure,
That toil itself is treasure.

 

 
 

guli